La réduction de l’utilisation d’antibiotiques et les effets bénéfiques sur votre santé

16 août 2019

La réduction de l’utilisation d’antibiotiques et les effets bénéfiques sur votre santéBeaucoup d’efforts sont faits pour réduire l’utilisation d’antibiotiques dans la production avicole afin de protéger la santé de la population générale et pour permettre de continuer d’utiliser efficacement les antibiotiques chez l’humain. Malgré tous ces efforts, on oublie souvent les effets sur les producteurs, les travailleurs de la ferme et leurs familles.

La résistance bactérienne à différents antibiotiques est bien documentée. De plus, elle est largement reconnue comme une menace pour la santé humaine à travers le monde. En effet, les récents changements concernant l’utilisation des antibiotiques au Canada reflètent certaines mesures préventives mises en place pour encadrer leur utilisation chez les animaux de ferme comme la volaille.

Malgré cela, on entend peu parler des effets des antibiotiques (et de la résistance à ces derniers) chez les personnes qui sont en contact direct avec la volaille. De nombreuses études scientifiques ont démontré que la résistance bactérienne de la flore intestinale des travailleurs de l’industrie avicole, et de leur famille, était liée à l’utilisation courante d’antibiotiques chez la volaille.

Par exemple, selon une étude1 effectuée en 2001, on révélait déjà la présence de résistance chez 60 % ou plus des personnes qui travaillaient sur des fermes et dans des abattoirs de poulets à griller et de dindons. On a retrouvé les mêmes souches résistantes chez les oiseaux, qui démontraient des résistances multiples aux médicaments semblables à celles observées chez les humains. Cette étude a conclu que la transmission de la résistance du E. coli, de la volaille aux personnes en contact avec ces animaux, était commune.

Dans une autre étude2, on a utilisé diverses techniques de profilage génétique. Celles-ci ont permis d’effectuer le suivi des souches résistantes d’E. coli chez les poulets à griller et d’établir des liens entre ces souches et celles trouvées chez les oiseaux et les producteurs.

Ces liens ne se limitent pas au E. coli. Une autre étude3 a démontré des liens entre des souches résistantes de Staphylococcus aureus (le « SA » dans SARV) et les contacts fréquents avec des volailles traitées aux antibiotiques. Elle a aussi démontré qu’il y avait moins de liens entre ces souches et les contacts fréquents avec des volailles non traitées aux antibiotiques. Par exemple, une résistance à la tétracycline de S. aureus a été observée chez 55 % des travailleurs en régie conventionnelle, comparativement à moins de 3 % chez les travailleurs en contact avec des animaux élevés sans l’usage d’antibiotiques. Et ce, malgré la présence de quantités semblables de S. aureus dans les deux groupes.

Les résultats de ces recherches nous permettent de voir autrement l’importance de réduire l’utilisation d’antibiotiques dans la production de volaille. De plus, lorsque d’autres produits comme Elarom sont disponibles et qu’ils ne compromettent pas la rentabilité et la performance, les producteurs de volailles eux-mêmes peuvent en bénéficier. Les effets bénéfiques sont parfois même plus importants, bien que souvent moins évidents. 

1) A. E. van den Bogaard, N. London, C. Driessen et E. E. Stobberingh, Antibiotic resistance of faecal Escherichia coli in poultry, poultry farmers and poultry slaughterers (2001), Journal of Antimicrobial Chemotherapy. Vol. 47, 763–771.
2) C. Dierikx, J. van der Goot, T. Fabri, A. van Essen-Zandbergen, H. Smith1 et D. Mevius, Extended-spectrum-b-lactamase- and AmpC-b-lactamase-producing Escherichia coli in Dutch broilers and broiler farmers (2013) Journal of Antimicrobial Chemotherapy. Vol. 68, 60–67.
3) J.L. Rinsky., M. Nadimpalli, S. Wing, D. Hall, D. Baron, L.B. Price, J. Larsen, M. Stegger, J. Stewart, et C.D. Heaney, Livestock-Associated Methicillin and Multidrug Resistant Staphylococcus aureus Is Present among Industrial, Not Antibiotic-Free Livestock Operation Workers in North Carolina (2013) PLOS ONE, VoL. 8, Iss. 7, e67641